Les 11 et 12 septembre, le réseau Zone Franche, Mondomix et Sciences Po ont organisé les Etats généraux des musiques du monde à Sciences Po - Paris.
Derrière ce sujet se profile une réflexion sur le rapport qu’entretiennent les sociétés occidentales avec les autres cultures du monde. L’appellation "musiques du monde" est un "fourre-tout" réunissant aussi bien les anciennes musiques traditionnelles et rituelles que les nouvelles musiques cosmopolites et modernes. Mais au-delà du problème de terminologie et des connotations péjoratives que cela peut porter, et dans le contexte actuel de mondialisation et des tendances l'uniformisation des cultures, redéfinir clairement les identités de ces musiques et préparer leur avenir paraît indispensable, c’est ce qui a justifié la tenue de ces "Etats généraux".
Thématiques au programme :
Politique et diversité : créolisation du monde ? / Comment produire aujourd’hui, sur scène et en studio ? / La musique, un instrument pour les territoires ? / De l’artiste aux publics : le rôle du diffuseur / Les revenus du numérique dans l’après-HADOPI / La musique, un instrument pour la coopération internationale ? / Circulation des artistes : comment travailler au niveau européen ? / Quelle présence des musiques du monde dans les médias ?
Ont déjà répondu présent…
Ray Lema, Jacques Toubon, Antoine Hennion, Julien Bassouls, Remy Kolpa-Kopoul, Emmanuel Demarcy-Mota, Catherine Giffard, Bernard Miyet, Manu Theron, Erik Marchand, Titi Robin, Caroline Bourgine, Keyvan Chemirani et bien d’autres.(Source: Mondomix).
Voir le programme complet est en ligne
Sur le forum, les débats ont été lancés
Sur le forum de discussion ouvert pour l'événement; Nombreux sont ceux qui pensent que la réforme et la transformation du secteur culturel passera obligatoirement par une action politique et un changement en profondeur du rapport des sociétés occidentales au monde: définir clairement ce que l'on entend par diversité culturelle ou les nouvelles manières de travailler plus équitablement avec le reste de la planète.
Certaines réflexions ont mis en lumière des problèmes historiques, comme le souligne la spécialiste des musiques caraïbes Hélène Lee : "Je ne vois pas d'intérêt à remuer de l'air chaud autour de la globalisation ou la diversité culturelle (qui ne vous ont pas attendu pour exister), sans mettre en cause la relation Nord-Sud, néo-coloniale, qui préside à l'exploitation des musiques populaires du monde".
Et la réaction du chanteur occitan Manu Théron, fondateur du groupe marseillais Lo Còr de la Plana : "Peut-on rappeler que le néo-colonialisme français, avant même de se constituer en réalité économique, est une composante “anthropologique” de l'histoire nationale française, et qu'il déploie ses logiques de domination sur son propre territoire, afin de mieux les exporter, en instituant l'universalité de sa vision comme seule “connaissance” ? ".
"Ainsi, aucune réflexion ne peut être menée sur une définition claire de ces musiques sans approfondir l'influence que la société française, son histoire et sa politique, a sur elles".
Des questions politiques autant que culturelles
Pourquoi des Etats Généraux des musiques du monde à Sciences Po ?
Avec des questions fondamentales comme celles de l’identité, de l’authenticité, de la modernisation, de "l’hybridité", on se trouve au cœur de problèmes traditionnels en sciences sociales. Les liens de la politique et de culture ont toujours été très étroits. "Il est donc du plus haut intérêt, d’explorer, avec les praticiens, les artistes, les musicologues, les critiques et les simples amateurs, comment se définissent, à travers des musiques aussi diverses, des façons également diverses d’appréhender la globalisation".
Au travers les forums (Rue 89 et Mondomix), des questions pertinentes ont été posées:
Comment inventer une musique de label équitable ?
Comment améliorer sa propre appréhension de la culture de l'autre ?
Comment assurer la survie de ces artistes (notamment les jeunes) et la pérennité de la culture qu'ils défendent ?
N’est-il pas nécessaire d’informer les artistes étrangers de la complexité du rapport de la France à leur production musicale ?
"Des frontières inexorablement fermées aux hommes ne risquent-elles pas d'empêcher la compréhension de ces musiques dites « du monde » et de les laisser dans le flou qu'elles connaissent déjà ?" (sources : rue89.com )
Le bilan : Publié par Médias le 16/09/2009
"Avec succès : près de 650 professionnels de la musique, du spectacle vivant et des médias sont venus débattre dans les amphis de la rue Saint-Guillaume.
Les thématiques abordées dépassent à plusieurs égards le seul champ musical : avenirs possibles des éco-systèmes culturels face à la globalisation, enjeux esthétiques de la circulation des expressions culturelles vers des publics mondialisés, enjeux politiques de la créolisation du monde.
Pendant deux jours, des points de vue d’une grande diversité se sont rencontrés, confrontés, écoutés. Les regards croisés des chercheurs et des praticiens, des professionnels français et étrangers, ont alimenté une discussion riche et précieuse. Discussion qui a accouché de certaines préconisations, en particulier : conduire au Parlement européen une action visant à combattre les obstacles à la circulation des artistes ; agir pour une présence accrue des musiques et cultures du monde dans les médias. A cet égard, les participants aux Etats généraux ont décidé d’interpeller Alain de Pouzilhac, PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France à propos de la situation en cours à R.F.I (Radio France Internationale), dont l’action reconnue en faveur de la diversité culturelle est aujourd’hui mise en péril.
Ces Etats généraux sont la première étape d’un processus de réflexion qui sera prolongé par la publication des actes de ces rencontres. Ceux-ci restitueront une synthèse exhaustive des différents ateliers, susceptible d’apporter un éclairage différent sur le champ des musiques du monde et de lui insuffler un dynamisme neuf ". Source: Le site du Réseau zone franche, le réseau des musiques du monde
Derrière ce sujet se profile une réflexion sur le rapport qu’entretiennent les sociétés occidentales avec les autres cultures du monde. L’appellation "musiques du monde" est un "fourre-tout" réunissant aussi bien les anciennes musiques traditionnelles et rituelles que les nouvelles musiques cosmopolites et modernes. Mais au-delà du problème de terminologie et des connotations péjoratives que cela peut porter, et dans le contexte actuel de mondialisation et des tendances l'uniformisation des cultures, redéfinir clairement les identités de ces musiques et préparer leur avenir paraît indispensable, c’est ce qui a justifié la tenue de ces "Etats généraux".
Thématiques au programme :
Politique et diversité : créolisation du monde ? / Comment produire aujourd’hui, sur scène et en studio ? / La musique, un instrument pour les territoires ? / De l’artiste aux publics : le rôle du diffuseur / Les revenus du numérique dans l’après-HADOPI / La musique, un instrument pour la coopération internationale ? / Circulation des artistes : comment travailler au niveau européen ? / Quelle présence des musiques du monde dans les médias ?
Ont déjà répondu présent…
Ray Lema, Jacques Toubon, Antoine Hennion, Julien Bassouls, Remy Kolpa-Kopoul, Emmanuel Demarcy-Mota, Catherine Giffard, Bernard Miyet, Manu Theron, Erik Marchand, Titi Robin, Caroline Bourgine, Keyvan Chemirani et bien d’autres.(Source: Mondomix).
Voir le programme complet est en ligne
"Paroles d'artistes" (vidéo)- mondomix.
Sur le forum, les débats ont été lancés
Sur le forum de discussion ouvert pour l'événement; Nombreux sont ceux qui pensent que la réforme et la transformation du secteur culturel passera obligatoirement par une action politique et un changement en profondeur du rapport des sociétés occidentales au monde: définir clairement ce que l'on entend par diversité culturelle ou les nouvelles manières de travailler plus équitablement avec le reste de la planète.
Certaines réflexions ont mis en lumière des problèmes historiques, comme le souligne la spécialiste des musiques caraïbes Hélène Lee : "Je ne vois pas d'intérêt à remuer de l'air chaud autour de la globalisation ou la diversité culturelle (qui ne vous ont pas attendu pour exister), sans mettre en cause la relation Nord-Sud, néo-coloniale, qui préside à l'exploitation des musiques populaires du monde".
Et la réaction du chanteur occitan Manu Théron, fondateur du groupe marseillais Lo Còr de la Plana : "Peut-on rappeler que le néo-colonialisme français, avant même de se constituer en réalité économique, est une composante “anthropologique” de l'histoire nationale française, et qu'il déploie ses logiques de domination sur son propre territoire, afin de mieux les exporter, en instituant l'universalité de sa vision comme seule “connaissance” ? ".
"Ainsi, aucune réflexion ne peut être menée sur une définition claire de ces musiques sans approfondir l'influence que la société française, son histoire et sa politique, a sur elles".
Des questions politiques autant que culturelles
Pourquoi des Etats Généraux des musiques du monde à Sciences Po ?
Avec des questions fondamentales comme celles de l’identité, de l’authenticité, de la modernisation, de "l’hybridité", on se trouve au cœur de problèmes traditionnels en sciences sociales. Les liens de la politique et de culture ont toujours été très étroits. "Il est donc du plus haut intérêt, d’explorer, avec les praticiens, les artistes, les musicologues, les critiques et les simples amateurs, comment se définissent, à travers des musiques aussi diverses, des façons également diverses d’appréhender la globalisation".
Au travers les forums (Rue 89 et Mondomix), des questions pertinentes ont été posées:
Comment inventer une musique de label équitable ?
Comment améliorer sa propre appréhension de la culture de l'autre ?
Comment assurer la survie de ces artistes (notamment les jeunes) et la pérennité de la culture qu'ils défendent ?
N’est-il pas nécessaire d’informer les artistes étrangers de la complexité du rapport de la France à leur production musicale ?
"Des frontières inexorablement fermées aux hommes ne risquent-elles pas d'empêcher la compréhension de ces musiques dites « du monde » et de les laisser dans le flou qu'elles connaissent déjà ?" (sources : rue89.com )
Le bilan : Publié par Médias le 16/09/2009
"Avec succès : près de 650 professionnels de la musique, du spectacle vivant et des médias sont venus débattre dans les amphis de la rue Saint-Guillaume.
Les thématiques abordées dépassent à plusieurs égards le seul champ musical : avenirs possibles des éco-systèmes culturels face à la globalisation, enjeux esthétiques de la circulation des expressions culturelles vers des publics mondialisés, enjeux politiques de la créolisation du monde.
Pendant deux jours, des points de vue d’une grande diversité se sont rencontrés, confrontés, écoutés. Les regards croisés des chercheurs et des praticiens, des professionnels français et étrangers, ont alimenté une discussion riche et précieuse. Discussion qui a accouché de certaines préconisations, en particulier : conduire au Parlement européen une action visant à combattre les obstacles à la circulation des artistes ; agir pour une présence accrue des musiques et cultures du monde dans les médias. A cet égard, les participants aux Etats généraux ont décidé d’interpeller Alain de Pouzilhac, PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France à propos de la situation en cours à R.F.I (Radio France Internationale), dont l’action reconnue en faveur de la diversité culturelle est aujourd’hui mise en péril.
Ces Etats généraux sont la première étape d’un processus de réflexion qui sera prolongé par la publication des actes de ces rencontres. Ceux-ci restitueront une synthèse exhaustive des différents ateliers, susceptible d’apporter un éclairage différent sur le champ des musiques du monde et de lui insuffler un dynamisme neuf ". Source: Le site du Réseau zone franche, le réseau des musiques du monde










