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Publié le 05/06/2009 à 03:47
Par savaneafric
La Palme d'or, si convoitée, est décernée au réalisateur autrichien Michael Haneke pour son film "Ruban blanc"(Das Weisse Band) qui succède à "entre les murs" du réalisateur français Laurent Cantet.
Michael Haneke, qui vient d'obtenir la Palme d'or au Festival de Cannes pour «Le ruban blanc», et Isabelle Huppert, présidente du jury.
Michael Haneke, qui vient d'obtenir la Palme d'or pour «Le ruban blanc», et Isabelle Huppert, présidente du jury.
 /Reuters/ Regis Duvigneau
Michael Haneke avait reçu le Prix de la mise en scène pour "Caché" en 2005 et le Grand prix du jury en 2001 pour "La Pianiste" qui avait valu à son interprète principale, Isabelle Huppert, le prix de l'interprétation féminine.
Cette nouvelle récompense a fait presque l’unanimité. Cependant certains festivaliers l’ont accusé de complaisance, de par la relation entre la présidente du jury Isabelle et le réalisateur autrichien. Ils voyaient que Isabelle Huppert a choisi de consacrer Michael Haneke, plutôt que le français Audiard pour son film "Un Prophète" qui était le favori des médias. Pour d’autres, récompenser Haneke c'est récompenser la radicalité, une proposition de cinéma exigeante et pas nécessairement grand public. Par contre, pour beaucoup la récompense du film Ruban blanc est très justifiée par le classicisme du film, son propos politique, la progression dont il témoigne, la réflexion très subtile et universelle sur la morale, la grande rigueur esthétique, la capacité de Haneke à bien diriger ses acteurs sans jamais les charger, l'émotion suscitée par les interprètes remarquables, surtout les enfants à la fois victimes et coupables,… Pour ces professionnels le Ruban blanc est un véritable chef-d’œuvre, qui réhabilite le cinéma.
Le film, tourné en en noir et blanc, évoque la montée du fascisme, une reconstitution historique, située dans un village d’Allemagne du Nord protestante, en 1913-1914, à la veille de la première guerre mondiale.
Le Ruban blanc traite de l’impact d’une éducation rigoriste rigide, déduite d’un protestantisme fondamentaliste, qui prédit des tragiques répercutions en Allemagne, avec le premier conflit mondial, puis l’émergence du nazisme.
De façon plus générale, le film, dissèque les méfaits de l'éducation rigide  et  les sociétés répressives, celles qui cultivent brutalités, rituels punitifs, comme génératrices de fascismes et de totalitarismes. "Même s'il est ancré dans la société allemande, mon film s'applique à toute société qui érige un idéal en absolu", expliquait  Michael Haneke.
Le film raconte d'étranges événements successifs qui s’abattent sur le village et des  préjudices traumatisants qui y surviennent dont les coupables restent inconnus. Il traite aussi des abus et des sévices que les paysans, notables, puritains, rigoristes, infligent à leur femme, enfants, administrés… Ces événements dramatiques, ces abus, cette ambiance tendue génèrent un sentiment de culpabilité et une haine de soi qui va se transformer en rituels punitifs contre les adultes.
Quand au fameux ruban blanc que des parents infligent de porter à leurs enfants fautifs, c’est un signe de pureté, afin de les stigmatiser, et les ramener dans les rangs (endoctrinement). Ne renvoie-t-il pas à cette "pureté" qui sera au centre de l’idéologie nazie ?
  Une scène du film autrichien de Michael Haneke,
Sortie cinéma : Le 21 octobre   extraits bande annonce-le-ruban-blanc.
Publié le 04/06/2009 à 05:24
Par savaneafric
Après avoir reçu le Prix du meilleur scénario en 1996 pour "Un héros très discret", le cinéaste Jacques Audiard refait, à 57 ans, une entrée en force sur la Croisette avec son cinquième film "Un ­Prophète" pour lequel, il vient d’obtenir le Grand Prix qui ressemble un peu à un prix de consolation. En effet la critique française et internationale le pronostiquait en Palme d'Or.
Dommage, car ce film aurait été la deuxième consécutive pour la France après "Entre les murs" de Laurent Cantet (Palme d'or en 2008), tout comme le prix d'interprétation pour son acteur principal le jeune Tahar Rahim. En tout cas, il sera intéressant de voir l'accueil qui sera fait au film en salles.

Pour certains professionnels, Jacques Audiard pourra obtenir un jour la Palme d’or  "s'il donne un petit supplément d'âme qui manque encore à ses films. Un prophète, moins virtuose que ses précédents films, marque cependant un premier dépouillement et un progrès qu'Audiard devrait confirmer".

Un prophète raconte en noir et blanc la fulgurante ascension de Malik El Djebena (interprété par  Tahar RAHIM) jeune homme de 19 ans, illettré, et qui vient d’être condamné à six ans de prison.

A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus fragile que les autres détenus. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Notre héros impressionne par sa détermination et son naturel  et son intelligence. Au fil des "missions", il s'endurcit et gagne d’abord la confiance des Corses. Ensuite il va  développer discrètement son propre réseau avec ses compatriotes et devient un véritable caïd.
"Ce n'est pas un film de dénonciation; j'ai traité la prison comme une métaphore de la société où le dehors et le dedans sont la même chose." Expliquait Jacques Audiard.
Réaction à chaud: Le député (UMP) de Haute-Corse, dans un article publié dans la presse, dénonce l'image négative de la communauté corse véhiculée par le film Un prophète qui voit s'affronter des Arabes et des Corses en milieu carcéral. Il rappelle que "des dizaines de milliers d'hommes et de femmes venus du Maghreb, aujourd'hui français ou ayant choisi de conserver leur nationalité d'origine, vivent en Corse en toute quiétude".
 
Sortie : Le 26 août  -   teaser-1-un-prophete
Publié le 03/06/2009 à 14:20
Par savaneafric
Un Prix spécial ovationné, que beaucoup l’ont pronostiqué, remis à Alain Resnais pour l'ensemble de sa carrière, les Herbes Folles, en compétition cette année, et sa contribution exceptionnelle à l'histoire du cinéma. Moments d’émotion et d’hommage à celui qui a entre autres réalisé ou scénarisé les plus grands chef d'œuvre du cinéma français passant de Hiroshima mon amour, Nuit et Brouillard, à Mon oncle d'Amérique (Grand Prix du Jury en 1980).
Rien de plus émouvant que de le voir déambuler au Palais sous ses lunettes noires. À 87 ans, il est le doyen des cinéastes français. Pas question pour lui d'arrêter, a-t-il assuré: il écrit actuellement un autre long-métrage.
Un palmarès radical
Lauréats (Alain Resnais et Michael Haneke) et membres du jury de l'édition 2009 -  / Photo Regis Duvignau / Reuters
Dans les Herbes folles, adaptation libre du roman de Christian Gally L'Incident, Marguerite (interprétée par Sabine Azéma) est une femme dentiste et pilote d'avion qui se fait voler son sac à la sortie d’un magasin; Georges Palet (André Dussollier) est un homme au passé trouble qui retrouve le portefeuille. Tous les deux vont se lancer dans un jeu du chat et de la souris, où chacun prend des décisions impulsives, qui font chaque fois dévier le cours de leur destin romanesque.
"Pour Les Herbes folles, j'ai fait une construction poétique entre le vol du sac au début et le vol en avion à la fin, cherchant des équivalences" expliquait Alain Resnais.
Sur ce festival aux films sanguinaires, pesants et noirs, le film les herbes folles confère quand même une touche de légèreté, des émotions comiques ou sentimentales…L'herbe folle qui a poussé entre les palmes austères du festival, c'est Alain Resnais !
 
Les Herbes folles d’Alain Resnais. Sortie le 21 Octobre 2009 - bande-annonce-film-les-herbes-folles
Publié le 02/06/2009 à 02:55
Par savaneafric
révélation contre toute attente: L’autrichien Christoph Waltz, qui interprète un officier nazi dans Inglorious Basterds réalisé par Quentin Tarantino, remporte le Prix d'interprétation masculine.
L’acteur viennois, qui vit à Londres avec sa famille, a été formé au théâtre. Il a souvent joué les mauvais garçons et les mélancoliques à la télévision et a participé à quelques productions étrangères, notamment dans Ordinary decent criminal (2000), aux côtés de Kevin Spacey et Colin Farrell, et dans le téléfilm Catherine la Grande (1995) avec Catherine Zeta-Jones, Omar Sharif et Jeanne Moreau.
Après trente ans de carrière, ce comédien quasiment inconnu du grand public a su impressionner Quentin Tarantino qui était anxieux de trouver l'acteur capable d'incarner un nazi polyglotte et machiavélique, aussi bien à l'aise en français qu'en anglais, allemand et italien, jusqu'à ce que Waltz passe une audition.
L'acteur autrichien, âgé de 53 ans, cheveux blonds, regard bleu acier et ton suave, excelle dans le rôle du méchant "chasseur de juifs" dès les premières scènes de ce film aux allures de western. Sa partition, était d'une telle richesse que ce comédien, à performance hallucinante et éblouissante dans le film, éclipse tous les autres acteurs, y compris Brad Pitt.

Avec beaucoup de naturel et d'humour noir, Christoph Waltz remporte donc le prix d'interprétation masculine, devant Steve Evets, le prolo anglais fou d'Éric Cantona dans Looking for Eric ou même Tahar Rahim, la jeune révélation du film de Jacques Audiard Un prophète.

Christoph Waltz, Prix d'interprétation masculine © FIF M.Rabaux
Le film de Quentin Tarantino  est considéré comme le plus atypique de cette édition 2009 du festival de Cannes, où le réalisateur insuffle une bonne dose de folie à la grande histoire avec ce film qui réécrit de manière rocambolesque la Seconde Guerre mondiale. Cela fait dix ans qu'il planche sur le scénario d'Inglourious Basterds (littéralement "Les bâtards sans gloire"). Cette épique mission d'espionnage, emprunte son titre au film de 1978 d'Enzo Castellari Inglorious Bastards, lui-même "remake" italien des Douze Salopards de Robert Aldrich, avec Lee Marvin, classique du film de guerre sorti dix ans auparavant.
Dans la France occupée par les nazis de 1940, Shoshana Dreyfus (Mélanie Laurent) assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa (Christoph Waltz). Seule rescapée, Shoshana refait sa vie en tant qu'exploitante d'une salle de cinéma à Paris, tout en méditant sa vengeance. 
Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. "Les Bâtards", comme on les surnomme, se joignent bientôt à l'actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark (Diane Kruger) pour tenter d'éliminer les hauts dignitaires du troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l'entrée du cinéma où Shoshanna est décidée à se venger…
 

Inglourious Basterds. Durée : 2 h 28. Sortie le 19 août. La bande-annonce du film

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naturecom : merci pour ces"chattes poupées" et ce single bien choisi de ce groupe international de l'année 2008 !
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