|
Publié le Lundi 15 septembre 2008 à 00:39
Par Zanmi Lotbodlo
Publié le Vendredi 12 septembre 2008 à 13:11
Par Zanmi Lotbodlo
Gustav et Hanna : pires que le ''Klorox''
Haïti n'a pas encore fini de compter les victimes et d'évaluer les pertes occasionnées par Gustav qu'une catastrophe pas moins tragique vient la toucher en plein coeur. Il s'agit de la tempête tropicale Hanna et de son cortège de vents et d'eaux qui sèment la mort et la désolation dans l'Artibonite, le sud et même dans l'aire métropolitaine.

La ville des Gonaïves est en train de revivre la tragédie de Jeanne avec le passage lundi, dans la soirée, de la tempête tropicale. La Cité de l'Indépendance s'est réveillée ce mardi matin sous les eaux, à la grande surprise de la population et des responsables locaux qui n'ont pas prévu un tel cas de figure. Ces derniers avaient préalablement laissé entendre qu'Haïti n'était pas concernée par Hanna. A certains endroits de la ville, la hauteur des eaux atteint jusqu'à deux mètres et on énumère déjà une dizaine de morts, aux dires de la plupart des reporteurs des médias relayant les dernières informations concernant cette catastrophe. Aux abois, les habitants de la cité attendent les premiers secours qui se font encore attendre. Le niveau des eaux rend difficile l'accès à la ville. Les pertes matérielles s'annoncent incalculables.
Des bananeraies complètement ravagées et submergées (Photo: Antonio Bruno) A côté des 76 morts, des 10 376 familles sinistrées et des 2121 maisons détruites jusque-là répertoriés dans le pays, les effets de l'ouragan Gustav sur Haïti risquent d'être encore plus dramatiques, surtout sur le plan économique. Les départements du Sud-Est, de la Grand'Anse, des Nippes et du Sud garderont longtemps encore les cicatrices laissées par cet ouragan qui a saccagé la production agricole dans ces régions. | |
Ce qui reste du marché de Cayes-Jacmel (Photo: Antonio Bruno)
Le Bureau départemental de la Protection civile du Sud-Est estime à 75% les pertes enregistrées dans l'agriculture. La Grand'Anse, l'un des greniers du pays, qui alimente de façon régulière la population de l'aire métropolitaine, est aussi sévèrement touchée.
Les risques d'une escalade des prix Tenant compte de la grave crise alimentaire qui secoue le pays, ce cocktail Gustav/Hanna laisse présager des lendemains sombres pour Haïti. En ravageant les cultures, les inondations causées par ces intempéries ont sapé les efforts entrepris par les autorités et les cultivateurs haïtiens pour pallier la crise alimentaire ayant conduit aux émeutes de la faim en avril dernier.
| Car, après les actions brutales des émeutiers réclamant une baisse du coût des produits de première nécessité, le gouvernement tablait sur les récoltes de la fin de l'été et une probable remontée de la production agricole pour augmenter l'offre et faire baisser les prix. Du déclenchement des émeutes aux passages de Gustav et d'Hanna, les prix de certains produits ont plus que doublé sur le marché haïtien. Les dernières informations publiées par l'Institut haïtien de statistiques et d'informatique (IHSI) font état d'une remontée de l'inflation de l'ordre de 18,3% au mois de juillet 2008. Un niveau jamais atteint depuis plus de 4 ans.
Un manguier déraciné par la fureur des eaux (Photo: Antonio Bruno) | | |
Le passage de Gustav et d'Hanna et leurs retombées internes et externes laissent augurer d'autres records de l'inflation en Haïti pour les jours à venir. Une telle situation affaiblirait davantage le pouvoir d'achat de la population acculée à l'extrême pauvreté et qui doit, malgré tout, faire face au coût astronomique de la scolarité à l'occasion de la réouverture prochaine des classes.
La vulnérabilité de l'Etat Les infrastructures routières n'ont pas été épargnées. La route nationale numéro 2 (desservant 4 départements du pays), déjà en mauvais état, a encore subi les assauts des rivières en crue qui la traversent en plusieurs points. Cette route est coupée au niveau de la localité de Chalon située dans le Département des Nippes. D'autre part, la route de l'Amitié, menant dans la métropole du Sud-Est, est coupée en plusieurs endroits.
Située dans le couloir de passage naturel des cyclones, Haïti échappe rarement aux ravages des intempéries. Malgré la fréquence de ces désastres, les autorités concernées ne tiennent pas compte de cette réalité. Elles n'ont jamais mis au point de politiques publiques ni de plans de gestion appropriés pour faire face aux catastrophes. Leurs actions en pareil cas sont toujours ponctuelles et rarement efficaces. |
| Références : Cyprien L. Gary - Une dépêche du Nouvelliste - "Gustav et Hanna pire que le Klorox"
|
|
|
Zanmi-Lotbodlo est une association jurassienne créée en 1994 dont le but est de venir en aide à toute détresse et de veiller au respect des droits des enfants en Haïti
1 connecté
14971 visiteurs
|
<
|
Nov. 2009 |
|
| L |
M |
M |
J |
V |
S |
D |
| | | | | | | 1 | | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | | 30 | | | | | | |
|